Le secret de la pierre elfique

juin 28, 2016

Kaleessa

Un elfe vieux comme le monde

Il était une fois un elfe vieux, très vieux, si vieux…que personne ne pouvait lui donner d’âge.

Sa santé impeccable demeurait une énigme.

Jusqu’au jour où, tout comme les amis de sa génération, il commença à se friper et à souffrir de rhumatismes.

Seulement, contrairement à eux, jamais la moindre plainte ne franchissait le seuil de ses lèvres. Même s’il était persuadé que la vieillesse n’est pas un processus naturel, mais une anomalie, il décida de l’accueillir comme un privilège, et de lui faire honneur.

Bien sûr, il avait de bonnes raisons pour cela.

Mais cette attitude  était tout de même incompréhensible  pour ses congénères.

2   L’Esprit des eaux

C’est au bord d’un ruisseau qu’il allait se soigner. Il y trempait ses fins mollets, et bavardait avec les papillons, les sangsues et les araignées.

Au fil des jours, Alister constata que l’eau était vivante. Ressentant de plus en plus sa présence, il se mit à communiquer avec elle.

La pression avec laquelle elle enveloppait ses poignets, la qualité de sa transparence, sa fraîcheur, le rythme et la musique de son clapotis, tout était langage.

L’onde se montrait tour à tour caressante, incitant à la confidence, vivifiante et nerveuse, impétueuse ou joueuse. Dans tous les cas, les sensations qu’elle lui transmettait étaient toujours  à propos.

Quand il contemplait son reflet dans ce miroir changeant, l’eau témoignait d’une forme unique de conscience liquide. Grâce à elle, il se rendit compte qu’il avait accès aux émotions inscrites dans les replis de ses rides. Et, tandis qu’un peu dépité, il voyageait dans leurs sillons, une ondine d’une  beauté époustouflante surgit à la surface :

« Là d’où je viens, déclara-t-elle, nous ne connaissons aucune dégradation. Nous sommes dans un présent continu. Nulle mémoire, donc nulle empreinte ou doctrine. Nous puisons dans l’instant, densité, relief et profondeur. Toute information est assimilée sur le champ, et entraîne simultanément notre transformation. »

La naïade s’arrêta. Son interlocuteur ne l’écoutait pas.

Il la regardait :

« Qui es-tu, bégaya-t-il en rougissant ?

-Je suis Kaleessa, l’Esprit des ruisseaux. J’avais envie de faire ta connaissance, car depuis que tu viens te rafraîchir dans mes eaux,  j’ai appris à te découvrir. Je te trouve beau et étonnant.

Le lutin écarquilla les yeux :

« Moi ! s’étonna-t-il, en retournant son index vers la poitrine ?

-Oui,  Toi, répéta-t-elle en riant aux éclats.

Déconcerté, il  la sonda en silence.

-Je voudrais te confier une mission, poursuivit-elle.

L’elfe esquissa une révérence d’un air enjoué :

-Que puis-je faire pour toi ?

-Me rapporter la pierre des Elfes.

Depuis sa disparition, la Connaissance a été oubliée. Vous l’avez remplacée par des dogmes qui ont étriqué votre quotidien, l’emprisonnant dans des limites imaginaires.

-Oui, je vois ce que tu veux dire, car  j’en suis moi-même la victime. C’est pourquoi cette quête arrive à point. Elle m’enchante, ajouta le lutin en libérant une coccinelle perdue dans son jabot. Je visiterai tous les règnes, j’explorerai tous les royaumes. Je…

-Avec ta canne, interrompit la naïade malicieuse ?

-Bien sûr ! répondit-il avec aplomb. D’ailleurs, qui te dit que ce n’est pas une baguette magique. Et puis, j’ai mes ailes. Même si elles ne sont plus aussi rapides et endurantes, elles sont encore fonctionnelles.

Il fit habilement tourner le bambou entre ses doigts gonflés par l’arthrite, et promit à la dame d’honorer sa promesse.

3 Première rencontre étonnante

Par où commencer…Où aller ?

Alister se souvint d’un dicton cher à son clan : « La cause métaphysique place toujours un elfe là où il doit se trouver. »

C’est donc en toute confiance qu’il se laissa guider, après avoir remercié les arbres pour leur protection, le ruisseau pour son réconfort.

En chemin, il croisa un gnome pas plus haut qu’un coquelicot. Il était très jeune et tenait à peine sur ses jambes. Sans doute sortait-il tout juste du berceau.

Il était si occupé qu’il ne s’aperçut  pas que quelqu’un l’observait attentivement.

Les yeux clos, il marchait précautionneusement sur le sol. Il en recevait des impulsions, et des étincelles jaillissaient sous ses pas. A chaque mini décharge, le bambin applaudissait.

Mais, bien que joyeux et enthousiaste, il faisait preuve d’une concentration  parfaitement maitrisée.

Subjugué, le voyageur s’installa sur une racine pour assister à cette scène.

Quand le rituel s’arrêta, le marmot remarqua immédiatement le spectateur. Il s’en approcha avec une expression extrêmement curieuse et, une fois très près de lui, le dévisagea en disant :

« Mais pourquoi t’es vieux toi ?

-Euh…parce que c’est comme ça : on nait et on meurt. Et entre les deux on vieillit.

-Tu sais très bien que c’est pas la vérité. Je vois bien que t’es comme moi.

– Comme toi ?

Alister  réfléchit:

-Au fond, oui, tu as raison. Je pense que la vieillesse est une supercherie. On  l’a créée de toutes pièces en choisissant d’enfermer notre  réalité dans l’illusion d’un temps linéaire. Et puisque c’est la pensée qui  orchestre le scénario de nos destins, c’est en la modifiant qu’on mettra fin, ou non, au processus de dégénérescence. A chaque modification de nos croyances, nous transformons le cours de l’histoire.

-Ben oui, c’est exactement ça…T’es comme moi, j’te l’avais bien dit, insista le gamin. C’est évident, conclut-il  en ouvrant ses menottes et penchant la tête.

L’elfe ne put s’empêcher de sourire. Ce bout de gnome était vraiment drôle.

-Et toi qu’est ce que tu faisais ?

-Je cherchais des passages vers un monde différent. Celui de mes parents ne me convient pas du tout.

-Ah ! Raconte

-Sous les pieds, j’ai des capteurs qui détectent des voies  sacrées. Quand je les suis, j’arrive à un carrefour de possibles. Alors, je m’aligne sur celui que j’ai envie d’essayer. J’adore faire ça. J’ai déjà visité pas mal de galaxies, tu sais, des planètes aussi, ainsi que des soleils. D’ailleurs, peut-être qu’un jour je partirai pour de bon. Mais là, j’aime trop ma mère, et je me sens trop petit pour quitter mon papa.

-Tu as raison. Ils en auraient de la peine !

Dis, tu veux bien m’emmener jusqu’à l’un de ces croisements ?

-Si ça te fait plaisir…

Quelques instants  plus tard, ils  étaient au centre d’un embranchement impressionnant. Alister n’eut le temps ni de sélectionner une direction, ni de remercier le bambin.

Il fut happé dans une spirale de lumière.

-Bon, en conclut-il, aucune alternative…Ca tombe bien.

Le « faire» crée la résistance. Quant au « vouloir », il empêche le flux. J’ai juste à « être ». Et me voilà parachuté à l’endroit idéa… »

4 Une rencontre vexante

Enfin, façon de parler… car il s’échoua au milieu d’un essaim de batraciens en pleines festivités.

Un couple célébrait ses noces. La mariée, jolie reinette maniérée, virevoltait dans l’étang, serrée de près par son époux, jeune crapaud  collant.

Leurs invités dansaient autour d’eux. Les cigales jouaient du violon. Les canards martelaient le sol, en guise de percussions.

A l’avant de cet orchestre insolite, une grenouille bedonnante et  très laide faisait le ténor.

Quand l’intrus fit effraction dans la mare, le bal se figea.

Le malheureux réussit tant bien que mal à atteindre la rive. Il s’y affala, plus mort que vif.

Un attroupement le cernait bientôt. Dans une  semi conscience, il saisit des bribes de conversation :

« On dirait bien un elfe séculaire, croassa l’un des badauds !

-Un moribond tu veux dire, ricana le marié

-On se plaint parfois de nos pustules, mais je les préfère aux bosses hideuses qui nouent ses doigts. Mon dieu que c’est vilain…

Que s’est-il passé pour qu’il soit devenu si difforme ?… »

L’elfe ne peut en entendre plus. Il se boucha les oreilles, se redressa, et leur faussa compagnie en voletant cahincaha avec ce qu’il lui restait d’ailes. Il n’avait qu’une envie : trouver des arbres. Ils étaient ses amis.

Il s’enfonça dans une clairière et s’adossa contre un tronc. Sa sève le rechargeait.

Il sourit et s’assoupit.

5  Le secret d’Alister

 Il s’éveilla en pleine nuit avec le sentiment qu’on l’observait. Il ne se trompait pas. Sur son épaule était juché un petit dragon.

Il  n’en avait jamais vu, mais les histoires que sa grand-mère lui racontait, évoquaient ces créatures  mythiques.

En général, elles étaient ou féroces ou sages.

L’elfe se demanda de quel bord était celle là.

Le reptile volant se posta devant lui,  comme s’il avait lu dans sa tête:

« Bonsoir Alister…Je suis l’Esprit du feu. Je te parle au nom des règnes minéral, végétal, animal et dévique.

Tu te crois si insignifiant que tu es loin de deviner à quel point tu les  impressionnes.

-Moi, répondit l’élémental, en pointant une nouvelle fois  son index vers lui, d’un air consterné.

– Aucun doute, je parle bien de toi assura le dragon qui jouait avec une flammèche de feu.

Tu peux nous expliquer  pourquoi, malgré le triste état de ton corps, les douleurs qui t’attaquent jour et nuit, et les ravins qui creusent tes traits, tu sembles tellement heureux et satisfait de ton sort ?

-Je n’ai pas toujours été aussi gai qu’aujourd’hui, avoua le lutin.

Quand j’ai constaté que j’avais de l’arthrite, cela m’a mis très en colère, et rendu malheureux.

Et puis un jour, j’ai compris que j’avais été si sévère dans mes jugements, si raide dans mes attitudes, et si  soudé à mes  principes, qu’à l’image de ce paysage intérieur, mon corps s’était  rigidifié.

Et là où j’ai vraiment eu beaucoup de reconnaissance pour lui, c’est quand j’ai enfin réalisé qu’il s’était durci, non pas pour me faire du mal, mais  pour m’envoyer la suggestion le plus précieuse que j’aie jamais reçue:

Accepte tout ce que t’apporte la vie. Favorise le mouvement. Sois souple et flexible  comme la liane, fluide comme l’eau. Ta douceur retrouvée apaisera tes membres endoloris et tu guériras…

-Mais tu n’es pas guéri, coupa le dragon

-C’est vrai. Mais rien ne presse. La vieillesse est le temps qui nous est généreusement imparti  pour prendre soin de nos douleurs. Leurs racines profondes résident dans nos émotions. . .

La nature sait que la destruction de notre enveloppe physique (la mort) ne suffit pas à déclencher les changements nécessaires à leur rémission. Notre système émotionnel  résiste de vie en vie. C’est pourquoi on a besoin d’être secoué.

La maladie sert à nous informer d’une disharmonie que nous avons laissé s’installer. Elle nous sort de notre léthargie. Ces mots que nous avons crus, cachés ou prononcés à tord, se sont transformés en maux.

En accompagnant la  souffrance encodée dans les organes touchés, nous avons l’occasion de remonter jusqu’à la blessure initiale, et de la panser. C’est ainsi que nous nous en libérons pour toujours.

Je considère cette opportunité comme exceptionnelle. C’est la raison de mon bonheur !

L’elfe réajusta son costume de feuilles, défroissa son jabot de pétales, et le saupoudra de pollen (il était très coquet).

Il attrapa un arôme, s’en fit un chapeau, y fixa trois baies creuses. Lorsqu’elles tintinnabulaient en s’entrechoquant, Alister entrait dans une autre fréquence.

Sa créativité était exacerbée, chaque sensation amplifiée. Il occupait l’instant dans sa rondeur et sa plénitude.

Il se mit en route. Le dragon partit en éclaireur d’un pas léger, en lançant des jets de feu.

Des lucioles  ouvraient le chemin.

6  A l’ombre d’un champignon

Au point du jour, ayant besoin de se reposer, le voyageur examina les alentours. Un champignon géant attira son attention. Il dégageait un tel  arôme que le marcheur eut envie de s’installer sous son chapeau.

En se lovant contre sa tige, il éprouva un grand bien être. Et au moment de baisser  les paupières, il eut la conviction que son hôte avait des vertus bienfaisantes.

En effet, au réveil, plus la moindre trace de rhumatismes : ni élancements, ni grosseurs.

« Oh, merci ! s’extasia le miraculé, sans trop savoir à qui s’adresser.

-Je n’y suis pour rien, enchaîna un murmure. C’est envers toi que tu devrais être reconnaissant.

-Ah, euh… bafouilla Alister en tentant d’identifier son interlocuteur.

-Décidément poursuivit le nez-de-chat (c’était le nom du champignon magique) tu n’as pas beaucoup d’estime pour toi. Mais tu ne te défends pas si mal malgré ce handicap, puisque te voilà complètement retapé…

Pour ramener la pierre sacrée, tu devras réaliser que l’art de s’aimer conduit à l’art d’Aimer. Et que l’art d’Aimer conduit à la guérison ultime. Celle qui entraîne la transmutation  du corps de carbone, vulnérable et périssable, en un corps de cristal, inaltérable et éternel.

Sur ce conseil, Alister se remit en route. Et tandis qu’il fredonnait un hymne elfique en l’honneur de sa santé retrouvée, la terre se fendit.

Il fut entraîné dans une descente vertigineuse et perdit connaissance.

7  Un geste de compassion

Quand il reprit ses esprits, il était à califourchon sur la cime d’un érable qui surplombait un paysage inhabité.

Quelle était la raison de cette désolation ?

La réponse ne se fit pas attendre. Ce hêtre, bien que magnifique, était infesté de pucerons. Oiseaux et insectes l’avaient déserté.

La mort de cet arbre, Maître et Esprit des lieux, entraînait celle de ses sujets.

Alister était bouleversé. Il dut regagner le sol pour échapper aux envahisseurs  microscopiques.

« C’est à mourir de chagrin, pensa-t-il tout  haut. Et puis, ce n’est sûrement pas ici que je trouverai la p…. »

Il fut interrompu dans sa réflexion par un curieux attelage.

Devant lui, venait de passer un escargot monté d’un lutin qui semblait en balade… ou en expédition. Un cortège arrivait derrière.

Certains gastéropodes étaient chargés comme des mulets, et tenus en laisse par des trolls. D’autres servaient de canasson à des gobelins.

L’élémental  les apostropha :

« Bonjour ! Où allez-vous ainsi ?

-Nous partons. Cet endroit est maudit. La nourriture est rare. Pourquoi s’enterrer vivants alors que la prospérité nous attend ailleurs ? »

Alister fut envahi de tristesse. Il aimait ce hêtre et ressentait l’ampleur de son désespoir.

Alors, il prit la décision de rester. Il le soutiendrait et l’accompagnerait jusqu’à son extinction.

Après seulement, il reprendrait ses investigations.

8  Les bêtes à bon dieu

Il ferma les yeux et entra en communion avec l’érable.

Comment lui être utile ? Il n’en avait aucune idée.

Il se tissa des gants de mousse et prit l’habitude de lui masser le tronc plusieurs fois par jour.

Lui qui se croyait un piètre chanteur, lui composa d’encourageantes  mélodies. Elles célébraient sa majesté et sa sagesse. Elles rappelaient aussi combien, en tant que Seigneur de cet univers végétal, sa présence était vitale.

Depuis l’arrivée d’Alister, des signes imperceptibles annonçaient qu’un regain de vigueur courait dans les branches. Rien de vraiment rassurant cependant.

Néanmoins, l’elfe multipliait ses rituels affectueux.

Un midi, alors qu’il lustrait les feuilles recroquevillées par la souffrance, il aperçut deux coccinelles  jouant dans la ramure. Un immense sourire éclaira son visage. En une seconde, il visualisa la convalescence de son protégé. Les bêtes à bon dieu n’étaient elles pas la solution ?

Il eut une  idée.

Il chercha une coquille d’escargot pour s’en faire un cor de chasse, et entreprit un périple prometteur.

Se postant au milieu des clairières, il clamait :

« Colonies de pucerons à avaler tout rond sur le hêtre des environs. Ils sont goûteux et parfumés, croquants et dodus à souhait. Il y en a pour tous les goûts : des sucrés et des pimentés, des aigres doux et des amères. Chers amis venez festoyer. Vous serez repus pour l’année. »

Avec une telle publicité, il  collecta rapidement des bataillons de coccinelles.

Pendant quelques semaines, l’érable fut couvert d’une rutilante robe rouge à points noirs. Les gourmandes étaient gaies, drôles et voraces. Elles le débarrassèrent efficacement de ses locataires indésirables.

L’arbre resplendissait. Des bourgeons jaillissaient de leurs corsets, et un feuillage luxuriant chatoyait dans le soleil. Des volées d’insectes arrivaient tous azimuts. La vie reprenait de plus belle !

Maintenant, Alister pouvait s’en aller et poursuivre sa quête.

9  Les fées glamour

Au moment de lever le camp, une chape de fatigue le submergea.

« C’est Mon Heure, supposa-t-il. »

Il se coucha sous l’érable, convaincu qu’il n’en bougerait jamais plus.

Mais des gloussements de péronnelles l’extirpèrent de sa sieste éternelle !

Cinq fées originaires des forêts anglo-saxonnes, délibéraient autour de lui :

« How cute (qu’il est mignon ), s’exclamait l’une.

-So handsome (si beau)…Oh …sweet tinny little mouth (délicieuse petite bouche).

– Lovely (adorable)! …My god, look at his musles (mon dieu, regardez  ses muscles)

L’elfe jeta un coup d’oeil circulaire pour découvrir celui qui suscitait un tel émoi. Il eut beau se tourner dans tous les sens, il ne vit personne.

« Ai-je vraiment toute ma tête, s’inquiétait-il tout haut ?

-Yes, indeed honey (oui chéri) ! Oh darling, let me kiss you (chéri, laisse-moi t’embrasser).

Il reçut un langoureux baiser au coin des lèvres, et s’apprêtait à le rendre, mais il se ravisa :

« Ce n’est pas raisonnable, à mon âge. »

10  Message de l’alizé

Il ramassa son bonnet pour prendre congé.

Au moment de tendre la main, il s’aperçut qu’elle était rose et satinée.

Il tata son visage. Il avait la peau toute lisse !

Une brise câline vint chatouiller ses boucles blondes.

« Inutile de chercher la pierre elfique, chuchotait-elle. Tu es la manifestation de la Connaissance qu’elle recèle. Bravo jeune homme. Tu as tout compris de la maladie et de la vieillesse. »

Alister reconnut l’alizé à la tiédeur  grisante qui chevauchait sa chevelure. Il tenta de le retenir, car il chérissait particulièrement ce vent là. Mais rien de plus libre que le vent, n’est ce pas ?

L’alizé l’enveloppa d’un rafraichissant courant d’air, mais lui échappa tout de même…

Il le vit partir à regret.

Quand il se plaça devant l’arbre pour lui faire ses adieux, une pierre bleutée atterrit au cœur de sa paume.

Dedans, une gracieuse  naïade  le regardait.

Intrigué, Alister se pencha pour la voir de plus près.

La belle Kaleessa  lui faisait un clin d’œil…

Fin

L’illustration est de Selina FENECH

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