La naissance de Graine de fée

mai 15, 2020

 

C’est là que je veux naitre!

Je m’appelle Graine de fée.

C’est mon père qui a choisi ce nom et vous comprendrez bientôt pourquoi.

Dans le ventre de maman je commençais à m’ennuyer sérieusement.

J’étais très intriguée par tous ces bruits, ces parfums et ces sensations qui rebondissaient comme des bulles mystérieuses et excitantes contre mon nombril.

La sécurité maternelle m’étouffait maintenant et je ne pensais qu’à plonger dans un monde inconnu.

Seulement je voulais choisir quand et où

Un jour que ma mère se baladait le long d’un ruisseau gazouillant j’ai subitement décidé que c’était le moment.

Les papillons dansaient, les insectes vrombissaient, les colibris butinaient de corolle en corolle et le chef d’orchestre de cette fête, c’était le soleil dont je sentais les caresses sur ma mère toute ronde.

Oui, c’était vraiment là que j’avais envie de naître.

Je me suis donc mise à faire la révolution et à m’agiter pour manifester que c’était l’heure.

Par où est-ce que j’allais sortir? Parce qu’il faisait très sombre là dedans?

J’ai tâté la paroi avec la paume de mes mains et j’ai senti une ouverture.

Seulement elle était petite, toute petite.

Graine de fée

En forçant un peu j’ai pu y passer un doigt, puis deux, puis le poignet, le bras….

Mais ma mère a commencé à hurler et je n’y comprenais plus rien : elle qui semblait si douce, si calme et si heureuse de me porter. Qu’est ce qui se passait ?

J’ai réalisé ensuite que cette exploration dans son corps pour trouver la sortie était très douloureuse pour elle. Elle s’est allongée dans l’herbe en poussant de toutes ses forces pour m’expulser.

Je faisais tout pour l’aider, mais c’était difficile et ça faisait mal. C’était violent et je paniquais complètement à l’idée de la déchirer pour me frayer un passage à travers elle. J’étais partagée entre la joie de vivre et l’angoisse de lui arracher le ventre.

Et puis soudain ce fut une lumière aveuglante Projetée comme une fusée j’ai atterri à quelques mètres, sur une feuille de bananier pleine de coccinelles .

Alors, j’ai pris un souffle puissant et, soûlée de fatigue, je me suis endormie.

Mon père qui est un musicien rêveur dit que quand il est arrivé pour nous ramener à la maison, les bêtes à bon dieu voletaient autour de moi comme des ventilateurs miniatures pour me rafraîchir. Car je dois préciser que suis née à midi, en pleine canicule. Il prétend aussi que leurs ailes étaient lumineuses et saupoudrées de poussière d’étoiles, comme celles des fées.

Pour lui, il ne faisait aucun doute que j’en étais une. C’est ainsi qu’en m’emportant délicatement dans ses bras, il me chuchota :

« Bonjour Graine de fée ! Quelle chance que tu sois là. Quelque chose me dit que tu n’es pas tout à fait comme les autres…

Je suis sûr que tu as des pouvoirs étonnants. Mais ce sera à toi de les découvrir et de les développer au fil des jours !

Alors à toi la magie ma chérie ! »

En écoutant papa je me suis dit qu’il exagérait peut être un peu. Bien sûr que pour les parents leur enfant est toujours unique en son genre. Mais je vais quand même suivre ses conseils et me lancer dans la vie en explorant tous les possibles.

Exaltant non ?

Faites-en donc autant et rendez vous prochainement!

 

FIN

 

L’illustration de Selina Fenech

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